PERSONNAGES PROTESTANTS ILLUSTRES 

 

Le Pasteur Raymond Eugène DUCASSE et son fils Robert 

Le pasteur Raymond-Eugène Ducasse habitait Aix-en-Provence. Il faisait partie d'un réseau de sauvetage qui aidait les réfugiés du Luxembourg et d'Alsace-Lorraine contraints de quitter leurs foyers lorsque les autorités allemandes d'occupation avaient annexé ces régions. Il était aidé par son fils Robert Ducasse. Tous deux manifestaient leur hostilité au régime par tous les moyens dont ils disposaient. Le pasteur fournissait de faux certificats de baptême aux réfugiés juifs; son fils, officier de marine, renseignait la Résistance et se procurait de fausses cartes d'identité. Le président de la communauté juive du Luxembourg, Julien Meyer, s'était enfui en France avec sa femme et ses cinq enfants le 29 janvier 1941. La famille s'installa à Aix, où se trouvait déjà une poignée de Juifs du Luxembourg. Le pasteur Ducasse fournit de faux papiers ainsi que de faux certificats de baptême aux Meyer lorsqu'ils se cachèrent chez les Arbomont (q.v). Il fournit également de faux papiers à d'autres Juifs, et continua courageusement, malgré les risques qu'il courait, après l'exécution de son fils Robert, arrêté par la Gestapo pour faits de résistance.

Le 14 décembre 1992, l'insitut Yad Vashem de Jérusalem a décerné au pasteur Raymond-Eugène Ducasse ainsi qu'à son fils Robert le titre de Juste parmi les Nations. 

Wolfang MUSCULUS

Wolfgang Meusel ou Musculus est né le 8 septembre 1497 à Dieuze en Lorraine.
Celui qui fut l'un des plus grands théologiens du XVIème siècle est bien oublié de nos jours en France. En revanche, en Suisse où il a achevé sa vie, on s'apprête à commémorer le 500è anniversaire de sa naissance, en particulier à Berne; en Allemagne il est parfois même l'objet de passions un demi millénaire après sa naissance.

Une famille de Dieuze en Lorraine

Wolfgang appartient à une famille d'artisans : son père, Antoine Meusel, est maître tonnelier à Dieuze. Remarquant l'esprit ouvert de son fils cadet et son inclination pour les lettres, il "I'envoya étudier hors de son pays"... Significatif ! c'est vers l'Alsace que se dirige l'adolescent, muni d'un petit pécule. ll suit les cours du collège de Ribauvillé puis de Colmar. Sa soif de se perfectionner qui est l'un des traits dominants de sa vie se manifeste alors puisqu'il décide d'étudier à Sélestat, l'un des hauts lieux de l'humanisme européen dès la fin du XVè siècle : l'école latine de Sélestat possède un rayonnement exceptionnel et doit son renom à Louis Dringenberg, père fondateur de l'humanisme en Alsace.Cette période de la vie de Wolfgang Meusel est essentielle; l'humanisme auquel il est initié à Sélestat est en effet caractérisé par une certaine originalité. L'Alsace est en effet en contact avec la civilisation italienne qui apporte l'influence d'une Renaissance tournée vers les lettres et les arts et avec les Pays-Bas qui exercent une influence religieuse et cherchent à donner une orientation évangélique avec l'école de Deventer. En 1512 l'écolier visite le monastère de Lixheim il est bien accueilli par les bénédictins qui apprécient son érudition et son goût pour le chant et la musique. Il étudie Ovide, apprend à jouer de l'orgue et à composer. A vingt-cinq ans, bon théologien, il découvre les écrits de Luther. Choisi pour être le prieur du couvent, il refuse par honnêteté intellectuelle et demande à quitter le monastère, ce qui lui est accordé. En 1527, il se marie et vit pauvrement lorsque Bucer le remarque : il devient alors cathéchiste à Dorlisheim puis pasteur à Strasbourg il perfectionne sa connaissance du grec et apprend même l'hébreu ! Son savoir, son aura, lui valent d'être nommé prédicateur à Augsburg en 1531. Il combat à la fois les anabaptistes et les catholiques dans cette ville et rapproche Luther et Zwingli à Wittemberg où il représente Augsburg. En 1540 et 1541, il est le secrétaire des conférences de Haguenau et Worms où l'on tente de se rapprocher des catholiques. Il est l'un des protagonistes du colloque de Ratisbonne et en 1544, il gagne Donauwoerth à la Réforme.

C'est alors qu'il refuse l'intérim d'Augsburg, imposé par Charles Quint. Il se réfugie à Zurich, puis à Bâle, à Constance, à Saint-Gall en 1548. L'archevêque Cranmer fait appel à lui en Angleterre pour succéder à Thomas Bucer, mais il refuse, ayant accepté une chaire de théologie à Berne en 1549. Il est alors en relations épistolaires avec les humanistes de Pologne, de Hongrie, prêchant la tolérance et critiquant Calvin lorsque celui-ci fait condamner à mort Michel Servet. On peut considérer que Musculus est le premier à refuser que l'on mette un homme à mort pour ses croyances, précédant ainsi Montaigne.

Il écrit de nombreux ouvrages de théologie en latin, et des Commentaires de l'Evangile de Saint Mathieu, de Saint Jean, des Commentaires des Prophéties d' Isaïe, les Locci Communes..... toujours sous le nom de Musculus de Dieuze. Cet humaniste a poussé le souci de l'exactitude dans l'interprétation des textes jusqu'à apprendre l'arabe classique après cinquante ans. C'est ce qui lui a valu le respect des exégètes catholiques en particulier Richard Simon.

Mort à Berne le 29 août 1563, il est célébré à Dieuze, le dimanche 7 septembre 1997.